Arbitrage : ce qui change dans cette Ligue des champions
Dix secondes pour sortir, cinq pour un renvoi, une minute dehors après un soin : les lois du jeu ont changé le 1er juillet. Ce que cela produira sur les fins de match.
Les lois du jeu ont changé le 1er juillet 2026. Ces modifications s'appliquent à la Ligue des champions qui commence le 8 septembre, et l'UEFA y a ajouté ses propres consignes, arrêtées à Nyon avec les cinquante-cinq fédérations européennes.
Ce ne sont pas des retouches de détail. Quatre d'entre elles visent le même adversaire, celui que le football combat depuis vingt ans sans y parvenir : le temps perdu. Voici ce qui change, et ce que cela produira sur le terrain.
Dix secondes pour sortir du terrain
Un joueur remplacé dispose désormais de dix secondes pour quitter la pelouse. Au-delà, son remplaçant ne peut entrer qu'au premier arrêt de jeu survenant après une minute écoulée.
L'exemple parle de lui-même. Une équipe mène 1-0 à la 88e minute et fait sortir son attaquant, qui traverse le terrain au pas. Jusqu'à cette saison, la manoeuvre coûtait un rappel à l'ordre. Elle coûtera maintenant une minute à dix contre onze, dans le moment exact où l'équipe cherche à protéger son avantage. La sanction frappe précisément là où la tentation est la plus forte.
Cinq secondes pour le renvoi et pour la touche
L'arbitre dispose d'un décompte visuel de cinq secondes, effectué à la main, lorsqu'un joueur retarde manifestement la remise en jeu.
- Sur un renvoi aux six mètres, si le délai est dépassé, un corner est accordé à l'adversaire.
- Sur une touche, si le délai est dépassé, la touche change de camp.
Un gardien qui garde le ballon dans les bras à la 90e minute d'un 1-0 offrira donc un corner à l'équipe adverse. La sanction est immédiate, visible, et elle ne dépend d'aucune interprétation : le décompte se fait à la vue de tous, joueurs et public compris.
C'est probablement le changement qui produira les images les plus discutées de la saison. Il faut s'attendre à des corners accordés dans les dernières minutes et à des protestations, le temps que les joueurs intègrent le geste de l'arbitre.
Une minute dehors après un soin
Un joueur soigné sur la pelouse, ou dont l'état a provoqué l'arrêt du jeu, doit rester hors du terrain une minute après la reprise.
La règle vise les blessures de convenance. Une équipe qui mène ne gagnera plus de temps en faisant entrer les soigneurs : elle jouera une minute en infériorité numérique.
L'essai sur les gardiens
Une disposition supplémentaire est mise à l'essai pour la saison : si le jeu est arrêté pour un gardien blessé, l'entraîneur doit désigner un joueur de champ qui sort immédiatement et reste dehors une minute après la reprise.
Le raisonnement est le même que ci-dessus, appliqué au seul joueur qu'on ne peut pas laisser au sol. Il s'agit d'un essai, et il revient à chaque compétition de décider si elle l'applique.
Le carton rouge d'un second jaune devient révisable
Jusqu'à cette saison, un second avertissement échappait à l'assistance vidéo : une expulsion consécutive à un deuxième jaune ne pouvait pas être annulée, quelle que soit l'erreur.
C'est terminé. Un carton rouge résultant d'un second jaune manifestement erroné peut désormais être revu.
La nuance est importante et elle sera source de malentendus. La vidéo ne sert pas à réexaminer un second jaune discutable : elle sert à corriger celui qui est clairement injustifié, par exemple donné au mauvais joueur. Un avertissement sévère mais défendable restera un avertissement.
Ce que l'UEFA a ajouté par-dessus
Les officiels des cinquante-cinq fédérations européennes se sont réunis au siège de l'UEFA, à Nyon, avec l'IFAB, pour harmoniser leurs consignes avant la saison.
Trois orientations en sont sorties.
L'assistance vidéo n'intervient que sur une erreur claire et manifeste, ou sur un fait de jeu important que l'arbitre n'a pas vu. Le principe n'est pas nouveau, sa réaffirmation l'est : la vidéo assiste l'arbitre, elle ne le remplace pas.
Moins de longues consultations au bord du terrain. L'argument avancé est d'une logique implacable : si l'arbitre doit regarder les images pendant deux minutes, c'est probablement que sa décision d'origine n'était pas clairement fausse.
Une application plus stricte du temps perdu, sur les renvois, les touches, les remplacements et les soins. Les mesures décrites plus haut ne resteront donc pas lettre morte.
Roberto Rosetti, responsable de l'arbitrage à l'UEFA, a présenté cet accord comme une étape vers une interprétation cohérente des règles à travers l'Europe.
Les caméras portées
Les compétitions ont désormais la possibilité d'équiper arbitres, arbitres assistants et quatrièmes arbitres de caméras portées. C'est une option ouverte, pas une obligation.
Attention à une confusion de dates
Une règle circule beaucoup et n'entre pas en vigueur cette saison : « seul le capitaine s'adresse à l'arbitre » ne devient obligatoire dans toutes les compétitions qu'au 1er juillet 2027.
Cela ne veut pas dire qu'elle est absente des terrains européens. L'UEFA applique sa propre approche depuis l'Euro 2024, et elle l'a reconduite pour cette saison, avec l'objectif de réduire les contestations. La distinction compte : ce qui vaut en Ligue des champions relève d'une consigne de l'UEFA, pas encore d'une loi du jeu universelle.
Ce que tout cela produira
Trois effets sont prévisibles.
Les fins de match seront différentes. Les quatre mesures sur le temps perdu frappent toutes le même scénario : une équipe qui mène d'un but et cherche à faire passer les dernières minutes. Ce savoir-faire, que certaines équipes ont poussé très loin, devient coûteux.
Le ballon restera plus longtemps en jeu. C'est l'objectif affiché, et il se mesurera dès les premières journées.
Les arbitres seront plus visibles. Un décompte à la main est un geste public : le stade le voit, la télévision le montre. L'arbitre annonce sa décision avant de la prendre, ce qui est nouveau.
Ce qui reste à confirmer
Deux points appellent une vérification avant toute affirmation définitive.
L'essai sur les gardiens blessés est une disposition que chaque compétition adopte ou non. Son application en Ligue des champions doit être confirmée par l'UEFA.
Les caméras portées relèvent également d'un choix de compétition.