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Croissance locale : Le Bénin s’organise en six pôles

Le Conseil des ministres a marqué son accord pour l’opérationnalisation de six pôles de développement territorial. Objectif est de valoriser les atouts des communes, stimuler les investissements et contribuer à la réduction de la pauvreté

Les différents pôles de croissance définis au Bénin
Les différents pôles de croissance définis au Bénin

La carte du développement territorial béninois connaît une nouvelle configuration. Le pays sera désormais structuré autour de six pôles regroupant des communes partageant des caractéristiques, des potentialités et des enjeux de développement similaires.

Cette nouvelle approche, portée par le Gouvernement, vise à faire des spécificités locales un véritable levier de croissance et d’amélioration des conditions de vie des populations.

Les six pôles retenus sont le Nord-Est, le Nord-Ouest, le Centre, le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Grand-Nokoué. Chacun regroupe plusieurs communes appelées à inscrire leur développement dans une dynamique de complémentarité et de mise en valeur des ressources disponibles.

Le pôle Nord-Est rassemble Parakou, Banikoara, Bembèrèkè, Gogounou, Kalalé, Kandi, Karimama, Malanville, N’Dali, Nikki, Pèrèrè, Ségbana, Sinendé et Tchaourou.

Le Nord-Ouest comprend Natitingou, Bassila, Boukombé, Cobly, Copargo, Djougou, Kérou, Kouandé, Matéri, Ouaké, Péhunco, Tanguiéta et Toucountouna.

Au Centre, le pôle regroupe notamment Abomey, Bohicon, Dassa-Zoumè, Savalou, Savè, Zagnanado et Zogbodomey, ainsi que plusieurs autres communes.

Le Sud-Est couvre Pobè, Adja-Ouèrè, Adjarra, Adjohoun, Aguégués, Akpro-Missérété, Avrankou, Bonou, Dangbo, Ifangni, Kétou et Sakété.

Le Sud-Ouest réunit 18 communes, parmi lesquelles Lokossa, Allada, Aplahoué, Athiémé, Bopa, Comè, Dogbo, Grand-Popo, Kpomassè, Sô-Ava, Tori-Bossito et Zè. Le Grand-Nokoué, enfin, couvre les communes d’Abomey-Calavi, Cotonou, Ouidah, Porto-Novo et Sèmè-Kpodji.

Des potentialités locales aux projets structurants

La réforme repose sur une logique simple : chaque territoire doit pouvoir construire son développement à partir de ses propres atouts. Quatre axes transversaux ont ainsi été retenus : l’agriculture, le tourisme, l’industrie et l’innovation.

Il ne s’agit pas seulement de regrouper les communes sur une nouvelle carte. Le dispositif doit permettre d’identifier, dans chaque pôle, les filières prioritaires et les moteurs de croissance, puis de les transformer en opportunités économiques concrètes. Les besoins en infrastructures, en foncier et en compétences devront également être recensés afin de créer un environnement favorable aux investissements.

Le Gouvernement entend ainsi favoriser l’émergence d’industries et d’infrastructures socio-économiques dans les différentes localités, tout en encourageant la création d’emplois directs. La constitution d’un portefeuille hiérarchisé de projets publics et privés fait partie des prochaines étapes annoncées.

La mise en œuvre de cette nouvelle approche s’étalera sur plus d’une année. D’octobre à décembre 2026, la priorité sera donnée à l’installation du dispositif de gouvernance. Cette première phase prévoit notamment la nomination des Délégués généraux, la mise en place du Comité national de pilotage, la mobilisation d’experts ainsi que la réalisation d’un diagnostic économique et territorial.

Entre janvier et mars 2027, chaque pôle devra préciser ses moteurs de croissance, ses filières prioritaires et ses objectifs. Cette phase permettra également d’identifier les besoins en infrastructures, en foncier et en compétences, et de définir les mécanismes d’incitation susceptibles d’attirer les investisseurs.

D’avril à juin 2027, les acteurs passeront à la planification et à l’adoption des feuilles de route opérationnelles. Il sera notamment question de préciser la contribution de l’État, des communes et du secteur privé et d’organiser l’accompagnement des investisseurs et des entreprises locales.

La dernière phase, prévue de juillet à décembre 2027, correspondra au déploiement effectif. Elle devrait se traduire par le lancement des projets prioritaires, la mise en œuvre des premières actions rapides et la mobilisation des acteurs publics et privés.

Pour assurer le pilotage de l’ensemble, un Comité national de pilotage présidé par le Chef de l’État sera institué. Il disposera d’un Secrétariat permanent ainsi que de délégations pour chacun des six pôles. Chaque délégation sera dirigée par un Délégué général, assisté de chargés de mission, d’experts et d’un personnel d’appui.

À travers cette réforme, l’ambition affichée est de rapprocher davantage la stratégie nationale des réalités territoriales. En misant sur les complémentarités entre communes et sur les potentialités propres à chaque espace, le Gouvernement veut faire des territoires des moteurs de croissance, d’emploi et de transformation économique.